artelier

A Cholet, un atelier bien équipé à la disposition d'artistes handicapés mentaux ouvriers à l'ESAT ARC EN CIEL géré par l' APAHRC .

Leur travail depuis 1996.

 mailto:contact@esataec.fr

QUEQUES REPONSES A DES COMMENTAIRES POUR EXPLIQUER LA DEMARCHE ET LE TRAVAIL QUI S'Y FAIT:

 "Le propos n'est pas thérapeutique. Il n'y a pas de "patients", et donc pas d'équipe de soins. L'atelier est à la disposition des artistes qui sont par ailleurs ouvriers dans un établissement et service d'aide par le travail (ESAT), anciennement centre d'aide par le travail. Un ESAT est un lieu de production adapté au handicap, il n'a pas vocation à soigner. L'art non plus.
L'atelier est ouvert le mardi.
8 artistes y travaillent en deux groupes.
Je suis peintre et j'anime ce lieu depuis l'origine.
Une responsable de la vie sociale gère l'organisation des expositions.

Chaque artiste vit l'acte créatif de manière très différente; je vais essayer, quand je le pourrai, d'en parler un peu avec un commentaire qui le situera. Mais je souhaite avant tout montrer des oeuvres."

 COURRIER A ALAIN KORKOS DE "LA BOITE A IMAGES" janvier 2006:

 

 
 
"............Pour ce qui est de l'atelier, je ne sais pas s'il s'agit "art brut" pur et dur...
Je ne suis pas psy.
Il n'est pas question d'arthérapie!
Je suis artiste "plasticien" (j'ai horreur de ce mot!), et j'ai ouvert cet atelier bien installé dans un préfabriqué du C.A.T. Arc en Ciel à Cholet, en 1996.
Tous les mardis 8 ouvriers viennent y peindre et dessiner. Certains sont là depuis l'origine, les derniers arrivés ont 4 ans d'ancienneté. Je ne suis pas prof, je ne dirige rien; mais j'organise et je facilite. Mon souci est de permettre à chacun de trouver le moyen technique, par tâtonnements, qui servira au mieux son urgence créatrice, en tenant compte de ses capacités. La technique ne doit pas être trop sophistiquée pour que l'autonomie soit la plus large possible, mais elle doit être assez riche pour ne pas limiter la gamme possible qui est beaucoup plus étendue qu'on le supposerait à priori. L'idée serait d'animer l'atelier, sur le plan matériel, comme les autres ateliers du centre d'aide par le travail. C'est à dire que j'interviens pour que le travail de création puisse se faire: je propose le matériel, j'explique comment le mettre en oeuvre (par exemple poncer le panneau de bois et l'enduire avant de peindre), et surtout je soutiens et j'encourage. J'ai dit que ce n'est pas de l'arthérapie, que je ne suis pas psy, mais le travail de création est un moment où le créateur est fragile; certains parlent aussi  parfois de leur souffrance. Je suis  à l'écoute, mais ce n'est pas l'objectif de l'atelier, comme ce n'est pas celui du CAT. Comme vous et moi chaque artiste a la possibilité de bénéficier par ailleurs d'une prise en charge thérapeutique. L'atelier n'est pas un lieu de soin, s'il y a un bénéfice, il est secondaire.
 
Si je pense au déroulement de l'activité de ce matin, voici des exemples concrets: à mon arrivée à 8h30 ( je viens d'Angers à 60km de Cholet) l'atelier avait déjà été ouvert par Christine qui examinait le tableau 80x80 commencé la semaine dernière. Ce panneau de bois avait déjà reçu un fond carmin par-dessus l'enduit et un premier personnage était en place au crayon de couleur noir. Christine peint sa vie quotidienne: le meeting aérien qu'elle a vu le week-end, la piscine où elle est inscrite, la plage de Pornic où elle va en vacances avec sa mère, la coupe du monde de foot, etc. Elle vient toujours, de sa propre initiative avec un projet et des documents comme des photos de son album. En occurrence le tableau en cours représentera une scène de hockey sur  glace parce que quelqu'un lui a donné une affiche annonçant un tel match. Je n'ai pas eu à intervenir, sinon pour lui conseiller de travailler à une place mieux éclairée (voilà typiquement ce qu'un adulte handicapé mental ne fait pas de lui-même).
 
Béatrice est arrivée dans le même temps. Sans un mot elle a aussitôt repris son patient ouvrage à l'encre et au bambou taillé. Je lui prépare une exposition en avril. Elle est la seule à ne pas vouloir faire une pause dans la matinée. De temps en temps elle m'appelle pour que je vienne voir l'état de son travail. Mes interventions avec elle ont surtout concerné les problèmes qu'elle avait avec une encre trop visqueuse (elle l'avait laissée s'évaporer).
Ensuite il a fallu hisser le fauteuil roulant de Luc en haut des trois marches grâce à un système maison de plan incliné amovible.
Le tableau qui semblait terminé à la dernière séance, se révélait beaucoup trop sombre avec un regard neuf. Je lui ai fait part de mon avis, il a dit oui; mais en réalité ça n'avait aucune importance pour lui. Ce qui intéressait c'était que je m'y intéresse. Je lui ai donc proposé une solution qu'il n'a pas vraiment suivie, mais ce qu'il a fait a produit un effet inattendu.
 
Ce n'est pas tout à fait de l'Art brut dans la mesure où il y a un "apprentissage du métier", mais chacun le constitue à sa façon; et pourtant c'est de l'Art brut parce que les personnes handicapées mentales sont indemnes de références , non pas parce qu'elles en sont protégées, mais parce que le handicap ne leur en permet pas l'accès.
Art brut, pas Art brut, à la limite on s'en fiche. Ce qui m'importe c'est l'apport des productions artistiques de ces personnes ignorées, vivant à la marge de la société, dans le champ culturel."
ARTELIER
ESAT ARC EN CIEL
9 rue de TOURS
B.P.244  CHOLET
49302  CHOLET CEDEX
02.41.62.19.12